Dès que j’avais une pause pendant ma formation, je filais en bas pour flâner seul dans les rayons.
Je commence depuis un moment à me pencher sur le sujet de ces nouveaux moules, et j’ai très hâte de partager avec vous plein de nouvelles recettes qui vont en découler !
Dans la boutique, qui est très grande, il y a la partie grand public et la partie des moules pro. On voit la différence grâce à la couleur du silicone. Le blanc est en général pour les chefs. Mais quelque soit la couleur, la qualité du silicone est la même !
Les petites boites à macarons sont parfaites pour en apporter comme cadeaux !
Imaginez moi seul dans la boutique ! Il a fallu m’extirper de là !
Les bureaux sont juste à côté et c’est là qu’ils élaborent les designs sur ordinateur.
Dans la rue en face, se trouve l’usine où ils fabriquent les moules.
On voit ici la matrice d’un moule 3D.
Le démoulage se fait par une personne qui va ensuite couper la trace où a été injecté le silicone.
À l’intérieur, mille délices de petits producteurs sélectionnés par la fromagerie.
Je suis un fou de fromage, alors évidemment je me suis régalé à tout prendre en photos ! Regardez-moi ces pains de dattes aux noix, ces pâtes de coings, ces pains de figues aux amandes…
Mais également du doux, du demi-sel croquant…
Le plus intéressant est que Beillevaire produit aussi ses propres fromages (étiquettes jaunes).
Les produits proposés sont très variés, car il y a aussi des yaourts « maison ».
Mais surtout des œufs au lait, des panna cotta, du riz au lait, de la semoule au lait.
Il fallait que j’en sache plus. Du moins, me prouver qu’il était bien réalisé avec des produits de cette planète. Direction Machecoul !
Il y a plein d’autres secrets que j’ai promis de garder tapis au fond de mon esprit. Mais la cuisson est très, très particulière ! À la sortie du four, l’odeur est incroyable.
Il prend une couleur caramel très soutenue.
Là encore, les odeurs étaient alléchantes au possible. J’ai d’ailleurs piqué quelques idées de feuilletés !
Ils ont aussi une machine à pâte pour en faire à la semoule de blé dur. Avec la machine de mes rêves: la Parmigiana !
Allons voir de plus près.
Toujours avec ma charlotte sur la tête, j’ai fait le tour de toute la fromagerie.
Par exemple, vous avez ici le moulage à la louche du « machecoulais ».
Le lait coagulé est versée dans les moules.
Plusieurs jours après, on voit déjà nettement la différence.
Tout comme le fromage blanc.
Ici un fromage cendré (une cendre alimentaire).
Et là, la fabrication de l’un de ceux que j’adore: le brun de noix.
Tous ces fromages sont à découvrir dans les boutiques.
Le colis arrive très vite. Tout est très bien empaqueté:
Dedans, chaque poêle est soigneusement emballée dans du carton et dans du papier bulle.
On dirait des momies péruviennes !
Et voici mon graal !! J’étais comme un enfant le jour de Noël.
J’ai aussi une petite poêle à frire 24cm, pour faire revenir la viande, le poisson, les steaks végétariens.
Et enfin la sauteuse 28cm assez large et haute pour les légumes, pommes de terre…
![]() |
| Crédit photo: Skeppshult |
Cette maison a été fondée en 1837 quand les soeurs du monastère des Hiéronymites (situé en face) se sont mises à les vendre pour obtenir de l’argent.
La pâte est incroyablement « plastique » et très étirable.
Une fois obtenu le bon diamètre (3-4cm), il faut couper des tranches.
Voilà le travail!
On répartit tout dans les moules à pastéis. Il y a 60 moules par plaques à pâtisseries.
Voici celle qui est réputée pour aller le plus vite. C’était assez incroyable de la voir faire.
Tout est bien rempli, il faut maintenant les cuire.
Et alors? Verdict? Oui c’est bon et très croustillant à l’extérieur et moelleux et chaud à l’intérieur. Mon souvenir était intact depuis 11 ans!
Il fallait donc absolument goûter à ceux-là!
La consistance n’a strictement rien à voir avec les précédents. Il en faut pour tous les goûts.
Retour à Lisbonne pour découvrir les autres merveilleux pastéis.
L’intérieur est onctueux et parfumé.
La « Confeitaria Nacional » sur la Praça da Figueira.
J’ai pris soin de bien vous montrer les différences entre tous ces pastéis.
J’ai beaucoup apprécié l’atmosphère surannée de la Confeitaria Nacional.
Celui est très crémeux, presque liquide, très sucré et plein de jaunes d’oeufs. Très très bon aussi!
Retour à Cadiz donc, pour manger de la friture!
J’étais un peu sceptique au début, je dois bien l’avouer. De la friture de fruits de mer? Vraiment? Mais ça va être gras! Et non, même pas!
Le deuxième secret? Une farine spéciale entre la farine et la chapelure.
Puis le chef secoue bien le bac pour enrober chaque petits morceaux de poisson.
Voici le menu en espagnol. Tout est absolument délicieux!
Avec un bon verre de vin blanc de Jerez et quelques poivrons grillés, on ne peut résister!!
Il est évident que dès mn retour à Cadiz, je vais me précipiter à « Las Flores »…
Me voici à Sceaux dans ce fameux lieu. On peut facilement s’imaginer à quel point tout ceci était incroyable pour moi. J’ai posé beaucoup de questions et j’ai eu presque une heure pour me balader librement dans le laboratoire. Et si vous vous posez la question: oui! J’ai pu manger du chocolat!
Sans attendre, voici l’interview que j’ai réalisée de Monsieur Patrick Roger.
Bernard: Avant de vous diriger vers la chocolaterie, vous êtes passé par la pâtisserie. Mais vous y êtes venu, car vous étiez un cancre à ce qu’il parait? (rires) Je ne savais pas que la chocolaterie était considérée comme moins importante que la pâtisserie!
Oui il y a beaucoup de choses, mais finalement tout est encore en cours. Ce dont je pourrais être le plus fier, serait de transmettre demain au client, ce que l’on sait faire de mieux. C’est aussi ma relation avec le client et de voir si il est heureux de consommer mon chocolat et de voir la notion de bonheur que l’on apporte. Vendredi dernier, j’étais en magasin et je n’ai jamais eu autant de compliments. C’est fantastique de voir le bonheur que l’on apporte. C’est quand même quelque chose qui est fort. Cela fait trente ans que je fais ce que je fais, et de pouvoir transmettre son savoir à ses équipes, c’est ça le plus beau dans l’histoire aussi. Parce que faire le tour du monde à la voile, en solitaire. Bon… Mais le faire en équipage, ça, ce n’est pas la même histoire. Cette transmission est quand même super importante car c’est de plus le seul moyen, pour que le client soit heureux de ce qu’il mange. Cela doit être un moment d’émotions. Si vous n’avez pas d’émotions dans ce que vous mangez, c’est nul quoi! (rires) C’est vraiment le but. Quand vous mangez le chocolat au caramel citron vert, il y a une histoire dedans. Ce n’est pas que je me refuse à le croire. J’aimerais à la limite être un artiste. C’est peut être vrai sur la vente des bonbons chocolat, d’accord. Je veux bien l’entendre et l’admettre. Parce que c’est fait de façon artistique. On est dans une démarche floue. Pour Daisuke qui ne sait pas encore ce qu’il va faire, il est japonais et lui expliquer la démarche est complexe. C’est une vision artistique sans doute! Pour le reste, j’ai encore du mal à me revendiquer. Pour les sculptures en chocolat, peut être que ma vision changera si je vends plus de pièces. Cela passe par le client, c’est essentiel. J’espère en avoir encore plus, car c’est ça qui permet de développer et de se diversifier.
Aviez-vous le rêve ou l’intuition en commençant dans ce métier, que celui-ci allait vous mener là où vous en êtes aujourd’hui?
Des kilos de praliné « maison » qui seront débités en petits cubes, puis enrobés de chocolat tempéré.
Les fameux hippopotames réalisés par le Maître en personne.
Rendez-vous également dans ses boutiques à Paris:
http://www.patrickroger.com/fr/boutiques.php
Saint Germain en Laye:
Et à Sceaux:
On trouve beaucoup de choses. Bien que j’avais vu beaucoup de nouveaux plats à Bangkok, j’avoue que je ne connaissais pas encore ces boulettes de riz gluants farcies.
Oui c’est le séjour à Paris, mais surtout la copine! C’est le meilleur dictionnaire du monde. Pour vivre avec une parisienne c’est autre chose, mais pour apprendre c’est bien (rires)! Je suis donc venu au Portugal en étant journaliste. J’étais la quatrième génération d’une famille de cuisiniers. Mes parents, mes grands-parents étaient cuisiniers en Argentine, mais en Italie et en Suisse également. Mes grands-parents viennent d’Italie et de Suisse allemande. Mon grand père était suisse allemand et était chef pâtissier. Ma mère a appris la cuisine avec lui puis ma mère m’a appris. J’ai travaillé vers quinze ans dans le restaurant de ma mère. J’ai commencé avec de petites choses, comme servir la table puis j’ai commencé à y cuisiner. Vers seize ans j’étais le chef cuisiner du restaurant de ma mère. Mais à cette époque je détestais cuisiner. Je suis donc arrivé au Portugal en 1997, à vingt-cinq ans. Mais je ne savais pas écrire en portugais, ce qui est embêtant pour un journaliste. J’étais journaliste pour le papier, pas la télévision. C’est là que je me suis dit que je savais faire autre chose et bien sûr c’était la cuisine. Je me suis fait embauché dans une cuisine, et là j’ai appris beaucoup sur la langue et la société portugaise. J’observais beaucoup le comportement, les gens etc… Au bout de trois mois, le restaurant était plein, ma cuisine plaisait. Je mélangeais beaucoup de choses que j’avais découvertes lors de mes voyages.
J’étais journaliste. Je connaissais donc ce côté là. Les cuisiniers connaissent très bien la cuisine, mais ne savent pas forcément gérer l’autre côté du business. Le monde de la cuisine est très dur: quatre murs, des éclairages un peu tristes, des chefs qui hurlent (pas tout le temps heureusement!). D’un autre côté, j’avais interviewé des gens comme Bono, Mick Jagger, des personnalités énormes mais qui avaient su rester humbles. J’avais donc une vision globale qui incluait la cuisine. Cela m’a aidé à construire ma carrière et je n’ai jamais pris la grosse tête. J’ai gardé les pieds sur terre. J’ai profité du business, j’ai joué mon personnage, mais je suis resté finalement le même. Ce qui est facile car le Chakall que l’on voit à la télévision est le même qu’en vrai. Le personnage que je joue, c’est moi (rires). Quand je suis à la télévision, c’est moi sans vraiment exagérer le trait. Je suis le même que dans la vie. Il y a des gens qui m’aiment pour cela, et d’autres non. J’a appris cela en Afrique, je reste le même pendant un tournage, qu’avec une personne qui vient me voir après. Je pense que c’est une des raisons de mon succès, c’est que j’essaie de rester humble.
En fait assez oui. J’ai vite été pris comme traiteur de « catering » pour de gros événements, j’étais pris comme chef pour des restaurants, le temps de créer une nouvelle carte. J’ai surtout eu de la chance: j’étais là au bon moment et j’ai proposé quelque chose de nouveau pour le Portugal. Le fait d’être étranger et d’avoir un accent espagnol m’a aussi aidé. Je n’ai par contre jamais été attiré par les étoiles de Michelin. Ce n’est pas le monde de la gastronomie que j’ai en moi. J’ai des amis qui ont une étoile ou deux et qui sont fous de leur travail, mais tout cela n’est pas pour moi. J’ai envie de manger quelque chose qui peut me rappeler mon histoire, ma mère, ma grand-mère. J’aime la cuisine naturelle, simple, bien présentée. Il n’y a pas forcément besoin d’ajouter un espuma d’huitre sur un plat pour le rendre intéressant. Par exemple, un foie gras se suffit à lui même. Il n’y a pas besoin de superflu là dessus. Un fruit à la rigueur pour compenser.. Ce qui compte avant tout, c’est la qualité. En Argentine la simplicité c’est la viande, au Portugal le poisson, en France le fromage. Ces plats se suffisent à eux même.
Pour les lecteurs français qui ne te connaissent pas encore, commet définirais-tu ta cuisine?
Ma cuisine est ma cuisine et celle du monde. Je mélange tout. Et il faut y mettre du sentiment. Je le vois vraiment avec tous les cuisiniers. Il y a des jours où je ne me sens pas inspiré et il n’y a rien qui va en ressortir et d’autres jours où je me sens dans un état d’émotions intenses. Comme une fois à l’hôtel Saint Régis à Pékin où j’ai adoré ce que je faisais. J’étais comme en trans et les idées fusaient à toute vitesse. Mais c’était à un bon moment de ma vie, de ma journée…
Aimes-tu également la pâtisserie et son côté plus technique?
Oui j’aime beaucoup aussi. C’est très intéressant de connaitre ou de découvrir les températures pour le chocolat, le caramel. J’aime cuisiner autant les plats salés que les desserts. Cela doit être mon côté suisse allemand, italien ou français de ma famille! Les suisses aiment la perfection, l’exactitude…
Le vin a-t’il une place importante dans ta vie et ta cuisine? Car cela doit être le cas en étant argentin?
Bien sûr! J’adore le vin et je pense que l’on trouve d’excellents vins un peu partout dans le monde. La technique s’est surtout développée en France, mais s’est aujourd’hui démocratisée. Tout le monde a la technique. Il y le bon climat dans beaucoup d’endroits. Il y a en effet de très bons vins en Argentine, en France naturellement, en Italie, en Afrique du Sud. Je ne peux pas dire que je sois fan d’un pays en particulier, car j’ai goûté des choses magnifiques dans de nombreux pays. Je trouve d’ailleurs qu’il y a de moins en moins de mauvais vins. Le vin est donc important, je l’apprécie toujours. Je bois pourtant très peu, mais avec plaisir. Je n’ai pas besoin de devenir bourré (rires).
Dans notre cuisine française, y-a-t’il pour toi un plat, sucré ou salé qui sort vraiment de l’ordinaire?
J’ai eu une copine à Toulouse et c’est grâce à elle que j’ai découvert plein de choses. J’ai « compris » le foie gras, j’ai « compris » des choses qui ne m’intéressaient pas plus que cela auparavant. Pour nous en Argentine, le foie gras n’existe pas, c’est du pâté. Et la première fois que j’ai goûté un foie gras, c’en était un « maison » dans le Sud Ouest. C’était la grand-mère de ma copine qui l’avait fait. J’ai goûté ça et je me suis dit: « ça c’est Dieu »! (rires) Les oies et les canards étaient élevés pour elle, gavés pour elle, tués pour elle. Et après j’ai goûté celui du commerce. J’ai aussi à cette époque découvert les magrets de canards confits. J’ai eu la chance de goûter tout cela au bon endroit de France, avec les meilleurs produits. Pour moi le gros coup de coeur de la cuisine française, c’est la cuisine du Sud Ouest. Mais je trouve que la cuisine provençale est fantastique aussi, la Bourgogne, la Bretagne. Vous avez trop de choses délicieuses chez vous! Je suis un fou de coquilles Saint-Jacques de Bretagne, des huitres d’Arcachon. Mais aussi les fromages du pays Basque avec la confiture de cerises noires… Ça pour moi, c’est la quintessence de la simplicité: un plus un font deux. En ajoutant le vin et le pain, c’est le paradis! J’ai des connections avec la cuisine française car ma grand mère maternelle était basque française. J’ai une part de moi qui est française et je me sens chez moi quand je suis en France. J’adore la musique française aussi: Gainsbourg! Je suis fou de Gainsbourg, mais vraiment fou…! Hier j’avais même un t-shirt de Gainsbourg. Pour moi c’est l’un des trois musiciens les plus importants du monde. Chaque année je fais un show culinaire à l’ambassade de France à Lisbonne. Pour moi la France est très importante. J’aime son cinéma aussi. J’ai d’ailleurs beaucoup de sponsors français.
Il y des donc des chances d’entendre parler de Chakall dans les années à venir sur les écrans français alors?
Oui peut être mais je dois améliorer mon français. Je dois rester au minimum quatre mois pour le parler parfaitement (note de Bernard: je rappelle cependant que l’entretien s’est déroulé en français!). Pour le moment c’est la Chine et l’Allemagne. Mais j’espère vraiment pouvoir venir dans votre pays que j’adore!
Voici pour ceux qui souhaitent la lire, une petite interview parue le 5 janvier dans www.cuisineaz.com ! En allant sur le site, vous verrez quelques unes de mes recettes. Bonne année à tous!

Merci beaucoup Bernard d’avoir répondu à ces questions, nous te retrouvons très vite sur ton Blog La Cuisine de Bernard : stagingapp15670.cloudwayssites.com
En marge du pastel, la boutique offre un éventail de produits portugais, comme des sardines, de l’huile, des chocolats. À goûter absolument: le « chocolate de leite com biscoitos », un chocolat au lait garni de feuillantines croustillantes.